Egorgé à 19 ans pour une broutille
Mercredi, vers 22heures, sur la place du village à Salses, Fabien Fornies a été tué d'un coup de couteau lors d'une dispute entre jeunes. Un différend futile est à l'origine de ce drame qui a bouleversé les habitants de la commune.
Hier soir, le meurtrier, âgé de 17 ans, était toujours placé en garde à vue.
Désespérément horrible. Que peut-on ajouter? Que dire du drame atroce qui s'est joué mercredi soir sur la place centrale du village à Salses et qui a coûté lavie à Fabien Fornies âgé de 19 ans à peine?
Mercredi, comme chaque soir à l'occasion des vacances scolaires, la plupart des jeunes du village s'était donné rendez-vous au centre pour passer simplement un moment ensemble, discuter, et échanger sur leur vie d'ados. Rien qui ne laisse présager de l'effroyable scène qui aller bientôt se jouer devant eux.
Aux environs de 22heures, pour une futilité déconcertante, une altercation éclate entre deux groupes. D'un bout à l'autre de la place, un “camp”, dont fait partie la victime, titille un garçon sur son nom de famille et l'affuble de différents surnoms à haute voix. Celui-ci réplique par des “Ta gueule!” “C'était pour rigoler. Ils se chambraient”, expliqueront certains témoins plus tard. ” On n'a rien vu arriver”. Et pourtant...
En quelques secondes, quelques bières aidant, la rixe dégénère. Une bousculade réunie les opposants qui échangent quelques coups devant le syndicat d'initiatives. Et, soudain, un mineur de 17 ans décide de venir prêter main forte à ses copains. Il traverse la place, se dirige droit vers Fabien Fornies, le saisit par-derrière et, après avoir sorti un couteau papillon, lui tranche la gorge.
Grièvement blessé, le jeune homme court vers le Café de France pour demander de l'aide et réussit à faire quelques mètres avant de s'écrouler sur le pas de porte. Sous les yeux du gérant de l'établissement qui donne immédiatement l'alerte. Deux jeunes filles volent, elles, au secours de Fabien Fornies et tentent désespérément de lui faire un point de compression pour éviter qu'il ne perde trop de sang. “On est resté à côté de lui, on lui a tenu la main et on lui a parlé jusqu'au bout”. Malheureusement, à l'arrivée des pompiers, le jeune homme a succombé à ses blessures.
Entretemps, l'auteur du coup de couteau a pris la fuite. Toutefois, il a été rapidement emmené par sa famille jusqu'à la brigade de gendarmerie de Rivesaltes où il a été aussitôt placé en garde à vue et a reconnu les faits. Sur les indications de l'adolescent, le couteau qui a servi au crime a été retrouvé dans l'Agly hier par les gendarmes de la compagnie et de la brigade de recherches de Rivesaltes. Inconnu jusqu'alors de la justice, le jeune homme sera déféré au parquet aujourd'hui. Une autopsie du corps de la victime devrait être pratiquée avant le week-end.
“On est en présence du cocktail dramatique et détonant de jeunes qui ont un peu bu, où par bêtise et inconscience tout dégénère. Et si l'un d'entre eux est porteur d'une arme, alors le drame devient possible”, a expliqué hier Dominique Alzheari, vice-procureur. Dans ce cas-là en plus, le mobile est d'une futilité désolante. Ce sont des amis d'enfance. C'est une histoire de gosses”.
De gosses qui se tuent? Mais pourquoi? Comment un adolescent arrive-t-il à commettre l'irréparable? Selon les différents témoins, une dispute l'avait déjà opposé à sa victime mardi au sujet d'une fille. Mais le calme était vite revenu. “Il avait passé son après-midi à boire. Il nous avait montré son couteau”, racontent quelques jeunes, présents au moment des faits. Mais on ne pouvait pas savoir”. D'autant que le meurtrier présumé était hébergé chez sa tante à Salses après que sa mère ait mis fin à se jours voilà quelques mois et connaissait bien la victime.
Hier matin, à Salses, le drame occupait toutes les conversations. “On a entendu les jeunes qui criaient des noms. Pas plus. Tout s'est passé sans bruit.”, lâchent les uns. “C'est dégueulasse. Fabien, c'était un gars sympa, rigolo, calme et gentil. Pas le style à chercher des embrouilles. Ici, tout le monde l'aimait bien. On va avoir du mal à oublier”, confient encore quelques adolescentes. La voix étranglée par les sanglots. Les yeux rivés au sol devant le café de France resté fermé pour la journée.
C'est un village véritablement bouleversé qui s'est réveillé hier à l'annonce du décès du jeune treiziste. Entre colère, incompréhension et chagrin. Avec le sentiment d'avoir perdu un de ses enfants.
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