Les 5 occupants de la BMW cabriolet étaient mineurs. Le pilote n'avait que 15 ans...
CHÂTELINEAU Des cahiers ensanglantés sur la route, une carcasse de voiture fumante et des médecins qui s'affairent autour de corps sanguinolents: tel était le spectacle, hier vers 13 h, dans la rue des Prés à Châtelineau.
Le soleil était au beau fixe, ce jeudi 9 juin. Pour Tatiana Gabrieli, 16 ans, Aline Schoeters, 15 ans, et Armony Antonacci, 14 ans, qui venaient de passer un examen de biologie à l'institut Saint-André de Charleroi, c'était l'occasion idéale de se relaxer. Leurs copains Massimo et Vincenzo sont donc venus les chercher à la sortie de l'école... à bord d'une BMW cabriolet que le premier, âgé de 15 ans, venait d'emprunter à l'insu de ses parents. La veille déjà, des riverains les avaient vus traverser la cité des Taillis-Prés à toute vitesse à bord de ce bolide de 2,8 litres injection.
Et la virée s'est transformée en hécatombe... «J'étais à l'arrêt avec mon bus spécial, raconte le chauffeur du Tec. Je les ai vus descendre la rue à toute vitesse. Ils ont alors tenté de dépasser une autre voiture et ils m'ont percuté de face, de plein fouet. Je n'ai rien pu faire». Dans un fracas épouvantable, la BMW décapotable a raclé contre le flanc de l'autocar, avant de s'immobiliser. Dans l'habitacle disloqué, il n'y avait plus que des corps inertes. Seul Vincenzo Bordenga, le passager avant, a pu s'extraire de la carcasse. Couvert d'égratignures, il a gagné l'hôpital par ses propres moyens.
Les pompiers de Charleroi se sont rendus sur place illico, suivis de trois ambulances et deux Smur. A leur arrivée, il n'y avait malheureusement plus rien à faire pour Aline, de Couillet, et Armony, de Charleroi, tuées sur le coup. A côté de ces deux corps sans vie, sur la banquette arrière, Tatiana, de Châtelineau, gisait dans son sang, victime de multiples fractures. Grièvement blessée, la jeune fille a été désincarcérée par les sapeurs avant d'être conditionnée sur place durant plus de 45 minutes. Massimo, le conducteur de 15 ans, n'a pas eu plus de chance. Dans un état critique, il a été transporté à l'hôpital Fabiola. Aux dernières nouvelles, ses chances de survie étaient quasi nulles.
Deux morts, trois blessés: voilà le bilan de cet effroyable accident n'impliquant que des mineurs. Un expert du parquet de Charleroi est descendu sur place pour établir les circonstances exactes de cette tragédie. La police locale de Châtelet a établi un périmètre de sécurité afin d'éviter aux nombreux curieux la vue de ce triste spectacle
CONCLUSION:
Le tribunal de police de Charleroi a condamné aujourd'hui à 300 heures de peine de travail un mineur, Massimo. Le jeune homme, qui était âgé de seize ans au moment des faits, avait provoqué un accident mortel à Châtelineau alors qu'il était au volant de la voiture de son père.
L'accident avait eu lieu le 9 juin 2005. Les deux passagères de la voiture, âgées de quatorze et quinze ans, avaient été tuées sur le coup. Deux personnes avaient également été blessées, ainsi que le conducteur du bus sur lequel la voiture s'était écrasée. Le conducteur comparaissait pour homicide involontaire et coups et blessures involontaires par défaut de prévoyance et de précaution, ainsi que pour avoir conduit sans permis.
Dans le jugement rendu aujourd'hui, le tribunal note que le conducteur a circulé "à une vitesse totalement inadaptée, compte tenu des lieux et de son inexpérience". Il évoque aussi la "conduite particulièrement dangereuse" du prévenu et son "défaut gravissime de prévoyance". Le tribunal relève encore plusieurs témoignages, dont ceux des passagers rescapés du véhicule accidenté, du conducteur du bus contre lequel il s'était écrasé et d'un facteur de passage, les uns et les autres évoquant les "freins à main" effectués par le conducteur. L'expert automobile a, de son côté, évoqué "une man½uvre téméraire de dépassement", faisant du pilote le seul responsable de l'accident.
Le tribunal estime dès lors nécessaire une application sévère de la loi, qui "permette une prise de conscience du drame survenu". Le juge André Cochet note cependant qu'une peine de travail sanctionnera adéquatement les faits, une peine de prison risquant de susciter la marginalisation, mais il estime que cette peine doit être assortie d'une déchéance du droit de conduire. Le jeune homme est donc également déchu pour deux ans du droit de conduire. Le tribunal a également conclu que la responsabilité civile des parents était bien engagée, vu leur défaut de surveillance. Le juge Cochet note encore que les victimes ont pris une part de responsabilité dans l'accident: tout d'abord, parce qu'elles ne pouvaient ignorer que le conducteur était mineur d'âge, puisqu'ils fréquentaient les mêmes cours. Ensuite, parce que ces mêmes victimes, selon des témoignages concordants, n'avaient pas attaché leurs ceintures de sécurité. Pour le tribunal, ces victimes doivent ainsi se voir attribuer un quart des responsabilités, et donc des dommages réclamés au civil.
Que pensez vous de cette peine?
aline:9 juillet 1989/ 9juin 2005
armony:22 aout 1989/ 9 juin 2005
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